Traduit de l’anglais par Sarina Tandrayen

Compte tenu du taux élevé du diabète à l’île Maurice, la facture est élevée pour nos concitoyens. Aujourd’hui 40% de la population de la République de Maurice est soit diabétique, soit prédiabétique. Malgré l’augmentation des dépenses totales en soins de santé, la courbe des maladies chroniques non transmissibles (MNT et problèmes connexes du diabète de type II, maladies coronariennes, hypertension et accidents vasculaires cérébraux) ne montre aucun signe de ralentissement. Le taux de diabète monte en flèche et d’ici 2035, le diabète et ses complications auront coûté à notre économie plus de 68 milliards de roupies en coûts directs. Si le coût des pertes de productivité est pris en compte, 17 à 34 milliards de roupies supplémentaires seront perdus.

Source: https://www.york.ac.uk/

Heureusement, la plupart des complications du diabète sont évitables et les coûts peuvent être maîtrisés en utilisant des approches innovantes. Ces nouvelles approches méritent d’être étudier et tester surtout si on améliore les soins de santé tout en permettant de diminuer le coût.

Concrètement, examinons les deux situations suivantes :

Faisons, tout d’abord, la connaissance d’Akash. Akash est un homme de 40 ans qui travaille dans le domaine du droit des sociétés à Ebène. Il est marié à sa charmante épouse Ashwini, qui travaille à temps partiel, afin d’élever leur fils de trois ans. Consciencieux, Akash travaille de longues heures, il n’a aucun problème médical, excepté une toux de fumeur récurrente. Un lundi soir, alors qu’il termine un mail au travail, il sent une douleur thoracique aigüe. Il est alors transporté en urgence à l’hôpital. L’équipe médicale diagnostique tout de suite une crise cardiaque, et constate également une glycémie élevée. Après l’admission d’Akash dans le service de cardiologie, il décède 3 heures après.

Voici ensuite Fazila, Fazila a 59 ans. Elle a été diagnostiquée diabétique à l’âge de 30 ans et depuis, elle prend de l’insuline et des médicaments par voie orale. Malheureusement, son diabète est difficile à contrôler, et depuis ses quarante-cinq ans Fazila doit aller à l’hôpital au moins 2 à 3 fois par an. Fazila travaille dans l’agriculture et doit souvent s’interrompre pour aller aux urgences. Elle a récemment été vue par un chirurgien, qui lui a conseillé l’amputation au-dessus du genou car son ulcère de jambe ne faisait que de s’aggraver. Elle craint que sa pension d’invalidité ne soit pas suffisante après son amputation pour joindre les deux bouts.

Ces situations déchirantes sont malheureusement trop familières pour beaucoup d’entre nous. Akash avait prévu de prendre sa retraite à l’âge de 65 ans. Sa mort prématurée non seulement apporte un grand chagrin à sa famille, mais toutes ses vies perdues coûtent à l’économie des millions de roupies en perte de productivité.

Fazila a subi une myriade de coûts au fil des ans en raison des admissions à l’hôpital, des médicaments, des frais de clinique et des coûts chirurgicaux. Sa récente admission dans un hôpital privé lui a coûté plus de Rs 75,000 . Selon le rapport 2017 du Compte national de la santé (NHA), le diabète a coûté aux contribuables mauriciens environ 1,2 milliard de roupies de coûts directs.


Chaque mauricien connaît une Fazila ou un Akash. Dans les faits, 62 % des Mauriciens qui meurent de maladies cardiovasculaires sont diabétiques ou prédiabétiques.

La vision innovante de 5-2035 permettra non seulement de fournir des soins de santé de haute qualité, mais aussi de les normaliser, afin de les rendre moins coûteuses. Les premières estimations révèlent qu’investir dans 1 500 praticiens avancés en santé communautaire (CHAPs : Community Health Advanced Practitioners), 150 médecins en santé communautaire et personnels de soutien permettront des économies cumulées d’environ 24 milliards de roupies au cours des 15 prochaines années, alors que ne pas allouer plus de ressources à ce problème finira par coûter plus de 70 milliards de roupies à l’économie.

Rentrons dans le détail. En utilisant les données sur les maladies du rapport NHA en 2017, la charge des maladies cardiovasculaires provoquées par le diabète (53 %) peut être ajouté aux coûts médicaux directs du diabète (1,2 milliards de roupies). En ajoutant les 40% de coûts indirects estimés (pertes de productivité, pension d’invalidité, etc.), cela représenterait environ 4,4 milliards de roupies par an, dont une partie (4,0 milliards de roupies) pourrait être évitée. Notez que même si le diabète joue également un rôle important dans les causes de cécité, les maladies du rein et les complications du pied, leurs coûts n’ont pas pu être pris en compte faute de données suffisantes. La prise en compte de ces facteurs ne ferait pas qu’augmenter considérablement les coûts mais mettrait également en évidence le coût humain de l’inaction. La mise en œuvre de la vision proposée par 5-2035 coûtera environ 1,1 milliard de roupies par an. Au fur et à mesure que les effets bénéfiques se feront sentir dans l’ensemble du pays, le coût du diabète diminuera régulièrement, représentant moins de 25 % des coûts évitables d’ici 2035. Cette vision permettra 24 milliards de roupies d’économies cumulées (en roupies d’aujourd’hui) pour le contribuable mauricien.

Pour une explication plus approfondie de ces chiffres, veuillez consulter la feuille de calcul ci-dessous. Vous trouverez également les hypothèses et les références utilisées dans les calculs.

Le coût du diabète à Maurice Lien de feuille de calcul

Si les soins de santé de Fazila et d’Akash avaient été appuyés par une infrastructure de santé communautaire intégrée à la vie des mauriciens, ils n’auraient pas développé le diabète ni subi ses graves complications. Grâce à la Vision 5-2035, nous pouvons montrer l’exemple au monde entier et montrer que des soins de santé de grande qualité peuvent non seulement améliorer la santé de notre population, mais aussi contribuer à l’essor de notre économie.

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Cet article a été rédigé conjointement par le Dr Guru V. Bhoojhawon, directeur de pays aux États-Unis, et M. Ali M. Mansoor, conseiller du GFCH.

L’article a été traduit de l’anglais par Sarina Tandrayen


Traduit de l’anglais par Sarina Tandrayen

Sarina Tandrayen est actuellement une étudiante de 18 ans à Paris dans le programme Grande Ecole de l’école de commerce et de management IPAG.

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